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La BCE prive les banques grecques de liquidités

Le ministère grec des Finances a tempéré la portée de la décision de l’institution monétaire de Francfort.

© Louisa Gouliamaki - Un graffiti du centre d’Athènes représentant un euro grec, à l’heure ou Yanis Varoufakis est en visite à Bruxelles.

La Banque centrale européenne a annoncé dans un communiqué qu’elle avait décidé de priver les banques grecques de l’un de leurs canaux de financement auprès d’elle, en suspendant un régime de faveur dont elles bénéficiaient jusqu’alors.

« Pas de répercussions négatives » selon le ministre grec des Finances

Le ministère grec des Finances a tempéré la portée de la décision de l’institution monétaire de Francfort, en assurant peu après qu’elle n’avait « pas de répercussions négatives » sur le secteur financier du pays qui reste « totalement protégé » grâce aux autres canaux de liquidités toujours disponibles.

 

Cette décision de la BCE, ajoute le ministère dans un communiqué, « met la pression sur l’Eurogroupe (la réunion des ministres de Finances de la zone euro, NDLR) pour progresser rapidement vers la conclusion entre la Grèce et ses partenaires d’un accord qui bénéficie à chacun » sur l’avenir de la dette grecque et des réformes économiques du pays.

La BCE a annoncé qu’elle suspendait un régime de faveur accordé jusqu’ici aux banques grecques, qui leur permettait d’emprunter de l’argent auprès de la BCE avec des garanties inférieures à ce qu’elle exige habituellement.

Le communiqué de la BCE a fait l’effet d’une bombe sur les marchés financiers, l’euro chutant nettement à son annonce.

Dans la journée encore, le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis (photo) était venu en personne à Francfort demander à Mario Draghi, président de la BCE, de quoi « garder la tête hors de l’eau » le temps de s’entendre avec ses partenaires européens.

Le ministre grec des Finances. EPA

Augmenter la pression

La nouvelle équipe aux manettes à Athènes, menée par le chef du parti de la gauche radicale Syriza, Alexis Tsipras, veut renégocier sa dette de plus de 300 milliards d’euros et mettre fin à la cure de rigueur imposée par ses partenaires en échange de leur aide. MM. Tsipras et Varoufakis sont depuis dimanche en tournée européenne pour rallier les soutiens et expliquer leurs vues.

M. Varoufakis sera reçu ce jeudi par le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, l’un des plus fervents défenseurs de la rigueur budgétaire en Europe. Ce devrait être la dernière étape de cette opération séduction déjà pas très bien engagée, et à laquelle la BCE vient de porter un sacré coup.

Pas à sec

Mais « il n’est pas possible à l’heure actuelle d’anticiper une issue positive » du programme d’aide, écrit la BCE dans son communiqué. En d’autres termes, il lui faut de la clarté sur le devenir du programme – les réformes lancées vont-elles êtres menées à bien ? Que se passera-t-il après fin février ? – avant de rouvrir ce robinet.

L’institution ne laisse pas les banques grecques complètement à sec : d’une part, elles pourront toujours apporter en garantie à la BCE d’autres actifs que de la dette publique grecque ; d’autre part, elles pourront bénéficier d’un mécanisme d’urgence, appelé ELA, qui leur permet de recevoir des fonds de la Banque de Grèce en cas de crise de liquidité.

Le coup de semonce de la BCE survient alors que M. Tsipras s’est dit mercredi à Bruxelles « très optimiste » sur la possibilité de « trouver une solution viable pour notre avenir ».

Il a proposé un plan de réformes et de financement sur quatre ans (2015-2018), a indiqué une source gouvernementale à Athènes. Ce plan comprend un programme « radical » en matière de lutte contre la corruption et la fraude fiscale, couplé à un allégement des obligations budgétaires de la Grèce, a ajouté cette source.

Plusieurs dirigeants européens ont réclamé des mesures contre la corruption et le clientélisme, parmi eux le président du Parlement européen Martin Schulz ou encore le vice-chancelier du gouvernement allemand et ministre de l’Économie, Sigmar Gabriel.

 

http://www.lesoir.be/778016/article/actualite/union-europeenne/2015-02-04/bce-prive-banques-grecques-liquidites

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