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Europe, Nation, Régions

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L’Europe aux cent drapeaux a perdu son chantre - Yann Fouéré, l’homme qui avait sa terre celte au bout de la plume

L’EUROPE AUX CENT DRAPEAUX A PERDU SON CHANTRE


Yann Fouéré, l’homme qui avait sa terre celte au bout de la plume



Albane Capuron 
le 28/10/2011 

J’ai fait la connaissance du breton Yann Fouéré dans les années 70. Toute jeune journaliste et mes racines pieds-noirs récemment déterrées ne m’ayant pas ôté le goût pour l’odeur de la poudre, j’étais prédestinée à une enquête « sur les milieux régionalistes », alors très remuants et même détonants en Corse, au Pays basque et en Bretagne. Mais, outrepassant mon mandat et le périmètre de mes notes de frais, j’avais pris un billet pour la pointe du nord Connemara et le petit port de Cleggan. 

Yann Fouéré y avait aménagé son logis. En bas, les homards sombres dans des cuveaux et, à l’étage, son bureau aux larges baies, aux étagères bourrées de livres et revues. De là, il pouvait suivre, comme une vigie, les mouvements de la mer et la fuite des nuages, toujours renouvelés, comme était mouvante son aventure personnelle, liée à l’histoire de sa terre.

  
Yann Fouéré, le patriarche de la cause bretonne

L’homme aux yeux clairs, si mes souvenirs ne me trahissent pas, avait pris la tangente une seconde fois vers les terres gaéliques septentrionales. La première fois, c’était juste après la guerre qu’il avait faite avec une plume, à la tête du quotidien, puis hebdo, La Bretagne. Essayant de défendre une décentralisation régionale à la façon maurrassienne ou girondine, c’est à dire sous les formes que, de façon embryonnaire, Gaulle et Olivier Guichard remettraient en chantier dans le courant des années 60. 

La justice de la République a la main lourde

Bien qu’il ne se soit pas vraiment compromis avec Vichy et les Allemands, qui ne voyaient pas d’un bon œil ces menées jugées séparatistes, il avait quand même écopé de travaux forcés à perpétuité. Ce qui était très cher payé le délit d’opinion. Mais les Bretons, quand ils étaient plus bretonnants que gaullistes, avaient vite fait d’être traités comme les pires des traîtres. Comme les Basques, sous Franco, vers lesquels Fouéré a toujours eu une inclination. 


Les langoustes du Connémara

Peu désireux de croupir dans les geôles de la République, qu’il avait commencé à servir comme sous-préfet sous la 3ème République, celui-ci prend la poudre d’escampette avant qu’on lui mette la main au collet et vivra d’expédients pendant 10 ans, entre la Grande Bretagne et l’Irlande. Avant de revenir, blanchi par la justice, pour reprendre le combat culturel et politique, toujours au premier rang. Avec le tout jeune Mouvement pour l'organisation de la Bretagne et le journal, qui le soutient,L'Avenir de la Bretagne.


Maison typique du Connémara

Mais le régionalisme breton n‘est encore pas sorti de l’opprobre qu’il a connu à la Libération. Et la priorité de l’époque est ailleurs, dans la revendication économique. L’Armorique se rend compte qu’elle va encore rester à l’écart de la reconstruction et des transformations qui touchent les régions traditionnellement industrielles. Pour se faire entendre du pouvoir central, parlementaires des partis de gouvernement, représentants économiques et sociaux se retrouvent, pour la première fois, dans une structure chargée d’élaborer des propositions. Son nom est indigeste : Comité d'études et de liaison des intérêts bretons. Ceux qui sont à sa tête (Pleven, Morice Tanguy Prigent) tout autant . 

L’Europe aux cent drapeaux n’est pas celle de José Barroso

Mais Yann Fouéré est pragmatique ; il inscrit son mouvement dans ce courant, y ajoute une touche fédéraliste et européenne, dont l’éclatante et incisive profession de foi s’appelle : « l’Europe au cent drapeaux ». Avec une préface d’Alexandre Marc, qui n’a –malheureusement- pas vieilli : « Pour parfaire sa transfiguration, l’Europe avait besoin de prophètes de héros, de géants ; on a cru plus raisonnable de confier son sort à des nains, à des hommes pratiques, à ceux que Péguy qualifiait de malins ». Ils s’agitent en ce moment beaucoup autour de l’Europe, justement. 



Dans « l’Europe au cent drapeaux », paraissant alors que de Gaulle est empêtré dans mai 68, souffle un vent révolutionnaire autrement tonifiant que les slogans des jeunes bourgeois hédonistes. Le livre deviendra la bible des régionalistes en Bretagne puis dans toute l’Europe . Il prône tout simplement l’éclatement des nations, «ce qu’il y a de plus artificiel et de plus récent en Europe » et la fédération des peuples premiers en ne « Europe des sources», des réalités profondes des valeurs authentiques et durables . On en a pris le chemin, mais dans la douleur et par un détour de l’histoire. « S’il n’existe pas Tchécoslovaquie, ni de Yougoslaves »  écrivait-il, « il existe des Tchèques , des Slovaques, des Croates, des Serbes, des Slovènes, des Albanais, et des Macédoniens .»  En 1968… L’histoire lui a donné raison en 1999.



C’est l’époque des jacqueries agricoles en Armorique ; le Robin des Bois s’appelle Alexis Gourvenec. Pendant près de 20 ans, l’autonomisme a fait profil bas. Le thème (musicalement et politiquement) reviendra fort dans les années 70. Très fort même. Agacés par la cuisine des politiciens professionnels, exaltés par ce qui se passe dans les « nations » voisines (Irlande, Pays Basque, Corse), les plus jeunes militants bretons passent à l’action violente . Les initiales du Front de Libération de la Bretagne, de l’Armée Républicaine / Révolutionnaire Bretonne apparaissent sur les murs et les routes. La poudre se fait entendre. Le pouvoir parisien cherche les instigateurs, les théoriciens, les praticiens….

Cet homme est dangereux

Qui ne se retournerait vers l’homme ayant écrit qu’il admettait « que les Gallois brûlent un aérodrome militaire, que la résistance basque attaque les casernes espagnoles, que les Tyroliens fassent sauter les centrales électriques et que les Corses plastiquent les murs des monuments publics », car « aucun d’entre eux n’égalera jamais les excès inverses qui ont été commis contre nos peuples acharnés à vivre alors que l’Etat-nation, à travers les génocides culturels, l’exploitation économique, l’émigration forcée des travailleurs, les emprisonnements et les fusillades les conduisaient sciemment au tombeau.» Une seconde fois, Yann Fouéré va mettre la mer entre lui et la République jacobine. C’est comme cela que je l’ai rencontré. 

Yann Fouéré disparaît, une troisième fois, alors que l’échec de l’Europe technocratique et marchande éclate au grand jour, que les « nains » s’affairent autour d’elle à coup de plans-consolidation-restructuration, que les Etats-nations massifiés et déshumanisés s’avèrent des colosses aux pieds d’argile, contestés par leurs populations, quand elles ne sont pas anesthésiées par les sédatifs du crédit à la consommation. 

Mais les drapeaux ont ceci d’encourageant qu’il leur suffit de peu de vent pour flotter. Yann Fouéré a laissé une belle image. Et un exemple de combattant. Son Europe est toujours à construire.

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